2011-Monte Carlo Histo

Encore une édition du Monte Carlo qui a tenu toutes ses promesses, tout d’abord le compte rendu du rallye vu de l’intérieur de l’équipage de la MGB, puis en bas de la page, vous retrouverez la galerie photo de tout le rallye !

Retrouvez également la course jour par jour en image
vue par Thom & Hug dans le CRV d’assistance de la MGB.

Cliquez ici pour revivre l’aventure!

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Le Monte Carlo, la légende

Cette année le rallye Monte Carlo fête son centenaire, la semaine passée s’est achevée la version moderne, qui compte pour le championnat IRC, et cette semaine a lieu la version historique pour sa 14e édition. Comme tous les grands rallyes internationaux, le Monte Carlo s’est doté il y a maintenant 14 ans d’une édition regroupant les véhicules produits et ayant participé au rallye en 1955 et 1980. Cette épreuve, inscrite au calendrier international de la FIA est une épreuve de régularité.
Nous reviendrons plus en détail sur ce qui fait la spécificité d’une épreuve de régularité, il s’agit de respecter une moyenne imposée sur l’ensemble d’un parcours de plusieurs milliers de kilomètres, avec des zones de régularité (ZR) qui sont mesurées au 1/10e de seconde.
Il s’agit donc d’une course contre le temps !
Et c’est au volant d’une MG type B de 1965 que nous allons nous élancer pour un parcours dit de concentration qui partira de Reims pour s’achever à Monaco après un périple de 1.260km.

Bien choisir sa monture

Le rallye de Monte Carlo a ceci de particulier qu’en plus d’avoir conservé le parcours de concentration, il se déroule au début de l’année, en pleine période hivernale. Ce qui est évidemment loin d’être anodin dès lors qu’on pilote une voiture ancienne.
Aux problèmes de fiabilité s’ajoutent des contraintes hivernales fortes qui pèsent lourd dans la balance au moment du choix de son auto.

Une MGB bien sûr, cabriolet star de l’Angleterre depuis 40 ans !

Notre choix s’est porté assez rapidement sur la MGB pour plusieurs raisons:
– Nous voulions une auto pré-1966, qui permet de choisir sa ville de départ libre de toute contrainte, car seules les autos pré-66 ou faisant moins de 1.150cm3 ont le droit de partir de Reims et ainsi d’avoir un parcours un peu plus court.
– Il est essentiel d’avoir une auto que l’on peut fiabiliser, ce qui implique de pouvoir trouver facilement pièces diverses et variées, et à un tarif raisonnable. Or la MGB a été produite de 1962 à 1980, près de 500.000 exemplaires ont été fabriqués, ainsi en ayant un modèle de 1965 (Mk I), ce qui est notre cas, nous profitons de développements techniques jusqu’à la fin des années 70 et d’une très large offre de pièces détachées d’origine et compétition.
– Nous recherchions une auto légère, car les motorisations de l’époque offrent en règle générale une centaine de chevaux, ce qui en fait le critère n°1 de performance en course. Notre MGB pèse 900kg tous pleins faits avec l’équipement et développe 95cv. Ce qui lui permet des performances tout à fait acceptables.
– Pour la conduite sur la neige, nous souhaitions une voiture avec propulsion (aux roues arrières donc) et moteur avant, ce qui reste à nos yeux le meilleur équilibre sur terrain glissant.
– Nous avions déjà l’expérience de 3 rallyes Monte Carlo aux commandes d’une MGB GT (la même en coupé), et donc une certaine connaissance mécanique de la voiture et un stock de pièces d’avance.
Nous avons donc trouvé cette auto en UK durant l’été, puis nous l’avons fait préparer pour le rallye, conversion conduite à gauche, faisceau électrique complet, suspensions, freins, moteur et boite de vitesse, tout a été revu. Et pour les besoins de la course nous avons ajouté des sièges baquets, un arceau et un hard top (pour ne pas finir gelés) en plus des équipements propres à la régularité.
L’objectif numéro 1 étant, ne pas connaitre d’avaries mécaniques, qui sont très chronophages et mettent très vite en péril le classement. Nous espérons par ailleurs des conditions climatiques extrêmes, terrain de jeu favori de cette MG face à des autos plus lourdes et plus puissantes par exemple comme les Jaguar MKII, confortables, puissantes mais peu à l’aise dans la neige.
Enfin, nous avons fait de notre MGB la réplique de celle ayant remportée sa classe en 1964 au Monte Carlo. Rouge, toit blanc, les couleurs des voitures d’Usine MG, les « Works ».

Les sportives des 60s et 70s reprennent du service

Les concurrentes de l’époque de la MGB sont les mêmes aujourd’hui en course, Triumph TR4, Austin Healey, mais également les Alfas Giulietta et Giulia, Lancia Fulvia et autres…
Notre team, le Alain Racing Team (ART) regroupe d’ailleurs une sélection plutôt variée d’autos :
– Une Triumph TR4, concurrente toute désignée de la MGB en 1965, celle ci est une réplica des Triumph « Factory » de l’époque reconnaissables aux grilles sur les ailes avant et à cette couleur dite « Powder Blue », que les Français désignent comme le bleu layette.
– Une Fiat 850 coupé, redoutable sur la neige grâce à son poids très contenu (700kg) et à son moteur arrière qui lui permet une bonne motricité. Celle ci a été préparée par Kronos, célèbre préparateur de rallye Belge en WRC, et reprend les couleurs Abarth de l’époque, notamment le célèbre damier sur le toit.
– Une Autobianchi A112 Abarth (encore lui) qui a fait les beaux jours de la jeunesse dorée au début des années 80 et qui, avec sa légèreté, son moteur très vif et sa traction avant connait une belle carrière en rallye, et a un palmarès très enviable. Celle du team est une 1979 de 70cv et est surnommée Monica, allez comprendre pourquoi !
– Une Peugeot 104ZS, celle qui a ouvert la voie à la 205GTI. Véritable « bombinette » pour l’époque, celle du team a couru de nombreux rallyes et est préparée en conséquence. la 104 ZS faisait rêver les jeunes à la fin des années 70 et nous les retrouvons 30 ans plus tard à son volant en course historique.
– Une Porsche 914/4, modèle « mal aimé » de la marque car produit en collaboration avec Volkswagen avec un design discutable. Cette 914 connait ces dernières année un regain d’intérêt grâce à sa fiabilité et son moteur central en plus de la banque d’organe Porsche qui permet d’améliorer ses performances.
– Et enfin une Porsche 924 Turbo, qui semble bien moderne en comparaison des autres autos de l’équipe, à nouveau une production commune VW/Porsche, un moteur 4 cylindres et un vrai déficit image. Mais c’est une voiture moderne, fiable et puissante, confortable, qui a tout pour faire un score si elle est bien menée.
Deux Anglaises, deux Italiennes, une Française et deux Allemandes, une belle sélection de voitures de sport populaires allant des 60s à la fin des années 70; c’est tout l’esprit du rallye Monte Carlo Historique !

Pourquoi un parcours de concentration?

Aux débuts du Monte Carlo, en 1911, des participants se déclaraient de toutes les régions du monde, l’Automobile Club de Monaco leur demandait donc d’arriver à Monte Carlo pour le départ de la course un jour précis à une heure précise. Ainsi la distance parcourue pour rejoindre Monaco variait en fonction de la ville de départ; et c’est ainsi que le parcours de concentration est né, faisant partie intégrante de la légende du Monte’.

Pour célébrer le centenaire, l’ACM a choisi de renouer avec les villes de départ « historiques »; Marrakech, Varsovie, Glasgow, Barcelone et Reims. Les 328 concurrents du rallye devront donc arriver à Monaco Samedi après midi, de minute en minute.

Petit problème: Comment faire arriver en même temps à Monaco des concurrents qui partent d’autant de villes différentes.
C’est très simple, le départ de Marrakech a été donné Mercredi à 10h00 (2.750km) , les concurrents de Varsovie (2.370km) partent Jeudi à 13h, Glasgow à 18h30 (2.320km), et Vendredi partent les concurrents de Barcelone à 16h20 (1.125km) et enfin Reims à 19h00 (1.260km) !
Pensez alors que les concurrents de Marrakech auront roulé 3 jours et demi en ayant dormi maxi 2 ou 3 fois 4h… Et pour le dernier tronçon, parcouru par tous les concurrents, ils conduiront plus de 20h non stop…
Et alors Dimanche matin, le rallye pourra véritablement commencer pour un périple de 1.500km comprenant 14 zones de régularité qui emmènera les concurrents de Monaco à Valence avant de revenir à Monaco pour le final, la mythique Nuit du Turini.
L’étape de concentration aura donc duré une vingtaine d’heures pour nous, dans un climat plutôt serein, la voiture s’est bien comportée malgré une faiblesse sur la seconde vitesse, et une étanchéité à l’air et à la pluie parfois sommaire…
Nous sommes arrivés très fatigués à Monaco, en n’étant partis que de Reims…

La Régularité


Mais le meilleur nous attendait le premier jour juste avant d’arriver en principauté; vous savez désormais ce qu’est la concentration, découvrons maintenant le coeur de ce type de rallye, le test de régularité (TR).
Il s’agit d’une partie du parcours qui est mesurée au plus juste (1/10e de seconde) pour calculer votre vitesse moyenne sur un parcours donné.
Le parcours est secret, ce qui veut dire qu’on vous remet l’itinéraire le jour du TR, et on vous impose une moyenne à respecter, en l’occurrence 47,3km/h pour nous ce soir.
Le TR mesurait 23km sur lesquels des commissaires relèvent vos temps de passage en des points de contrôles secrets eux aussi. Chaque seconde de retard ou d’avance vous est comptabilisée en points de pénalités.
Pour réussir cet exercice, nous sommes équipés d’un tripmaster, un appareil qui mesure la distance parcourue de manière très précise, d’un chronomètre qui nous donne le temps passé depuis le départ et d’un document appelé tables de moyenne, qui vous donnent la distance que vous auriez du parcourir à un instant T si vous aviez respecté la moyenne imposée.
Ce qui implique pour le copilote de contrôler en permanence l’avance ou le retard et de l’indiquer au pilote selon une méthode convenue entre eux.
C’est là l’essentiel du rallye de régularité qui sous entend que vous soyez arrivés à l’heure au début de votre TR et à l’heure au bout de votre étape journalière; car ces rallyes par essence impliquant des autos anciennes, nous sommes sujets en permanence à des avaries mécaniques.
Durant la concentration, nous avons du faire face à un démarreur en panne, une seconde vitesse qui ne passe plus et un défaut de mesure de la distance avec le tripmaster… chaque problème demande une intervention, et suppose une perte de temps; c’est sans compter les changements de pneumatiques ou ravitaillements.
Nous passons donc notre temps les yeux rivés sur nos chronos et nos montres pour respecter le timing et ne pas prendre de pénalités. Et nous sommes fiers de sortir de l’épreuve de concentration à zéro pénalités de retard, et 66 points de pénalités dans le TR1 de fin de concentration, qui s’est couru moitié sur le sec, moitié sur le mouillé.
Ce qui nous donne la 54e place au classement général sur 328 engagés.
Ce n’est donc pas une course de vitesse mais bel et bien une course contre le temps…

1e Journée
Après une bonne nuit de sommeil (enfin!), nous avons retrouvé le port de Monaco sans la pluie. La MG connait son petit succès dans le parc fermé, le coté réplica de l’auto de 1964 ne passe pas inaperçu.
Le programme de la journée prévoit de rejoindre Valence avec un parcours ponctué de 4 spéciales, deux dans le sud de la France et deux avant Valence, pour courir ces spéciales, nous avions prévu de rester en pneus thermogommes, car nos indications de météo n’annonçaient pas de conditions difficiles type neige ou verglas.

Dans la montée vers la première spéciale, nous prenons finalement la décision de chausser les pneus à clous au dernier moment, ce qui s’est révélé être un choix plutôt judicieux car la spéciale était assez enneigée et verglacée par endroits.
Beaucoup s’y sont d’ailleurs laissé prendre au vu des autos sorties de la route tout au long de la spéciale, même les ouvreurs du rallye se sont fait pièger ! Je dois d’ailleurs dire que notre vitesse de passage baissait au rythme du comptage des autos dans le fossé…
La MG se classe 76e de cette spéciale ce qui nous place alors 62e au général.
Au sortir de cette spéciale, nous faisons route vers la spéciale du mas, qui est assez proche, une spéciale sans histoire, légèrement enneigée et assez courte (10km), qui se passe sans difficulté majeure, nous sommes 25e de la spéciale, et nous remontons alors 57e au général.
Mais nos pensées sont tournées vers la suite, car nous devons clôturer la journée par la spéciale de L’Echarasson, qui est une des spéciales mythiques du Monte Carlo dans laquelle nous avons eu un accident l’an passé. Mais avant cela nous avons un assez long parcours routier qui nous amène au Contrôle Horaire de Tallard auquel nous arrivons tout juste à temps, le parcours routier n’étant pas très roulant. Un retard à ce type de contrôle nous vaudrait des pénalités.
La première spéciale de l’après midi est celle de Plan de Vitrolles, qui se court encore de jour pour nous, une spéciale qui monte, qui monte, le petit moteur de la MG peine et nous sortons 87e, mais nous gagnons encore des places avec la 42e position au général, les abandons de la journée commencent à chambouler le classement.
Enfin, nous prenons la route de l’Echarasson, il fait maintenant totalement nuit, nous avons oté les caches des phares et pour la première fois du rallye nous les essayons, pour constater qu’ils éclairent très bien… la cime des arbres !
Ce qui ne sera pas un problème, car le brouillard est si épais qu’on n’arrive pas à rouler comme on le voudrait, chaque virage est impossible à deviner et par deux fois, nous devrons nous arrêter dans un virage pour savoir dans quel sens il tourne ! En revanche pas ne neige ni de glace, nous sommes quasi déçus… et ce brouillard aura vraiment gâché notre plaisir, qui s’arrête quand le danger devient présent.
Les difficultés se ressentent sur le classement, nous sortons 126e de la spéciale, 2h plus tôt sans brouillard, il y avait vraiment moyen de faire un bon classement. Néanmoins, la journée ayant été très dure pour tout le monde, nous bouclons ce deuxième jour à la 36e place du classement général dont nous sommes très surpris, notre position se situant bien plus loin que ça en règle générale, mais l’auto fonctionne bien et pour l’instant aucune faute n’a été commise et les conditions ne sont pas si difficiles.
Il nous reste néanmoins 2 journées et une nuit à boucler, nous ne sommes qu’à la moitié du rallye, aujourd’hui nous avons un programme qui nous fait passer dans la Drome et l’Ardèche et ce soir, nous serons de retour à Valence.

2e journée
Une journée qui s’annonçait simple sans être facile, 4 spéciales sur le sec, les grands pros de la régul allaient pouvoir faire parler le chrono, plus les conditions de roulage sont faciles, plus les écarts sont serrés et les spécialistes arrivent à des résultats d’une précision spectaculaire. Notre objectif était alors d’assurer au plus juste pour maintenir notre position au général.
Au changement de roues hier, nous constatons qu’un de nos pneus thermogomme est endommagé, nous garderons donc les clous jusqu’à l’issue du rallye, par souci de précaution, nous changeons les 4 thermogommes pour 4 clous neufs en cas de crevaison. Nous roulerons donc en clous sur le sec, à nous les belles glissades dans les étincelles !
Nous attaquons la journée par la spéciale d’Antraigues, qui comme les 3 suivantes se révélera sèche de bout en bout, et assez longue (40km), voire même un peu monotone… nous en sortons 70e avec 140 pts ! Les 100 premiers concurrents se tiennent dans 200 points, quand je vous dis que c’est serré. Nous sommes alors 32e au général !!
Puis suit la spéciale de Burzet, qui est fermée une année sur deux pour cause de trop fort enneigement, et cette année, à nouveau c’est sec ! Quelle déception, il en va donc de même, c’est serré en nous en sortons 129e, à noter l’excellente performance de Pat & Didier dans la Fiat 850 du team qui prennent la 10e place ! Nous redescendons 35e au général.
A la fin de la spéciale, nous arrivons à un CH auquel l’assistance la Porsche 914 nous sert des toasts au foie gras alors que notre assistance a fait un barbecue au milieu du parc concurrents, gros succès et bonne surprise pour nous qui étions affamés !
Nous reprenons la route pour attaquer la 3e spéciale du jour, celle de St Bonnet Le Froid qui porte bien son nom, et qui se révèle à son tour toute sèche, pas de surprise donc, mais revigorés par cet arrêt barbecue, nous prenons la 50e place de la spéciale avec 73 points et nous revenons 33e au général… on n’ose plus regarder le classement tellement le top50 nous semblait inatteignable.

Juste après suit la spéciale de St Félicien, qui est un plus sélective que les 3 précédentes, des passages sont assez lents, la route est serrée, tourne beaucoup et est assez mauvaise, nous attaquons alors pas mal et sortons de la spéciale en nous tapant dans la main en se disant qu’on a assuré l’écart et que nous devrions garder notre place au général. Quelle ne fut pas notre surprise de constater que nous avons pris 4700 points de pénalité au temps !!
Ce qui nous semble tout bonnement impossible, et à la lecture du chrono, nous sommes dans un écart de 1 à 2 secondes sur chaque prise temps, bref quasi parfait pour nous. Mais en lisant mieux, nous nous apercevons que ce n’est pas 1 ou 2 secondes à chaque temps mais 1mn 01 ou 1mn 02. Nous avons en fait un écart parfait de 1mn sur tout le long de la spéciale, ce qui nous fait dire que nous avons été placés à la mauvaise minute au départ par les chronométreurs, mais c’est hélas impossible à prouver.
Nous sortons donc 243e de la spéciale et dégringolons à la 73e place du général… Pour garder notre place, nous pouvions prendre jusqu’à 500 points, ce qui est le cas du 150e… Bref nous pensons à une anomalie de chronométrage, nous en parlons aux commissaires, et nous devrons retourner à l’ACM le lendemain à Monaco mais le soir le moral en avait pris un coup.
D’ordinaire le classement ne nous importe pas tant, mais cette année, pouvoir être dans les 50 premiers était un vrai rêve et jusqu’ici nous avions tout fait pour !

3e journée
Une grosse journée qui s’annonce, 2 spéciales sur la route de Monaco, celle d’Eygalayes et celle de St Auban, puis nous reviendrons sur le port en fin d’après-midi. Une pause de 3 heures et nous repartirons pour la fameuse nuit du Turini avec 3 spéciales qui nous feront passer dans les endroits qui ont forgé la légende du Monte Carlo, La Bollène-Vésubie, Lantosque, le col de Braus, le col de la Madone, du Tournet, de L’orme… Une nuit qui promet d’être longue, des routes très serrées, très sinueuses, la nuit, le verglas… mais aussi le bonheur d’être de l’aventure, le public omniprésent… ça fait oublier le classement. L’objectif final étant de revenir sur le port aux petites heures du matin, heureux et sans dommages !

2e objectif atteint !
La spéciale d’Eygalayes ne se passe pas très bien sans qu’on comprenne vraiment pourquoi et nous sortons 178e avec près de 2500 points, et celle de St Auban est très serrée, nous sommes 181e avec seulement 317 points… Nous sommes désormais 80e au général. Pas très content de notre journée, mais la nuit approche et nous savons que nous y gagnerons des places, le tracé des spéciales est très sélectif et la nuit n’arrange rien, ce qui nous a toujours réussi !
Mais le plus important est que nous sommes rentrés au port de Monaco pour la seconde fois en rentrant de Valence. Les 7 autos du team sont là à nouveau. Bravo à chacun !
Nous avons même lavé la MG pour qu’elle soit toute brillante sur le port, sans photos hélas car l’étanchéité du hard top au lavage haute pression a eu raison de mon iPhone…
Nous repartons dans 1 heure pour la dernière nuit, et compléter le 3e objectif, ramener les 7 autos au port une 3e fois. 3 spéciales nous attendent, 23, 34 et 18km, nous allons faire de notre mieux pour faire briller la MG dans cette épreuve !

La Nuit du Turini
3 spéciales d’anthologie s’offrent à nous, tout d’abord le Turini, presque entièrement sec, sauf au passage du col ou un peu de neige a été pelletée par les nombreux spectateurs, lumières, caméras, tout y est pour se sentir pilote de WRC ! Nous attaquons assez fort et sortons à 395 points, ce qui ne sera pas suffisant car nous sommes alors 123e du TR et 79e au général. Mais nous avons tout misé sur la suite. La spéciale du Col de Braus qui est très exigeante, très cassante, qui monte et tourne beaucoup, avec des passages en chemins forestiers, et là nous attaquons tout ce qu’il est possible de faire à notre niveau avec la MG, nous doublons 6 concurrents dans la spéciale !! et sortons 71e du TR et remontons de ce fait à la 68e place au général, quelques sorties de route ou quelques frayeurs pour les autres concurrents font qu’on gagne des places en ne lâchant rien ! C’est ici que se fait une grosse partie de la différence, j’adore cette spéciale, la route est un peu folle mais c’est pour moi le point d’orgue de ce rallye.

Suit après la spéciale du col de la Madone, que nous connaissons pas mal aussi, les freins ont beaucoup souffert dans le précédente, nous pensons avoir assuré alors nous roulons fort mais en gardant une marge, il serait vraiment trop bête d’échouer si près du but. Nous faisons quand même la 89e place et nous sommes désormais 66e au général.
Il ne nous reste plus qu’à rentrer sur le port après cette nuit de folie et célébrer ce 14e MCH.

Conclusion
Nous avons donc remporté les 3 objectifs principaux que nous nous étions fixés :
– Arriver au port
– Arriver au port
– Arriver au port

Il s’agit bien sur du port de Monaco, qui nous accueille au terme de la concentration, qui est la première épreuve majeure de ce rallye. Puis revenir au port après la boucle Valentinoise qui nous conduit à travers la Drome, le Vercors, l’Ardeche… régions magnifiques mais piégeuses dans le cadre du rallye. Et enfin revenir au Port une 3e fois après la nuit du Turini qui est toujours assez lourde en abandons et fortunes diverses.

La MGB est donc bien arrivée les trois fois, sans une rayure, sans un ennui mécanique. La dernière nuit aura été dantesque, des moyennes de 49,9km/h à tenir sur des itinéraires composés de chemins forestiers et autres routes qui comptent plus de lacets que de lignes droites; peu de neige mais beaucoup de sport quand même, la nuit ajoutant à la difficulté de l’exercice. Et nous sommes fiers d’avoir remonté 14 places dans la nuit, même si le problème de chronométrage rencontré deux jours plus tôt nous coûte 26 places, nous serions 40e… une légère amertume restera liée à cet incident.
Mais nous nous étions fixé comme objectif d’être dans les 100 premiers, c’est très largement atteint et c’est très heureux que nous avons célébré cette 66e place sur le Port aux petites heures du matin.
L’ensemble des autos du team est là, pas de casse, bref tout va bien.

We’re Green
Ce rallye nous aura encore apporté son lot de sensations, de stress, de bonheur et d’adrenaline, les paysages traversés, l’accueil des villages pour cette caravane de plus de 300 autos nous montre que l’auto ancienne a encore de beaux jours devant elle. A condition d’être respectueux du public et des régions traversées.
Pleinement conscients du fait que la voiture ancienne n’est pas la passion la plus écologique qui soit, le Alain Racing Team a choisi d’être « Green » en compensant ses émissions carbones, c’est un petit geste qui fait que notre passion coûte un peu moins cher à l’environnement et fait de notre passion un loisir responsable.

Et maintenant, accédez à la galerie photo !

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